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Emailing et rédaction · Écriture web

Rédiger pour le web : écrire des pages claires, lisibles et utiles

Rédiger pour le web : écrire des pages claires, lisibles et utiles

On ne lit pas une page web comme un livre. L’internaute parcourt l’écran, cherche une réponse, saute les paragraphes qui ne le concernent pas et repart vite s’il ne trouve rien. Écrire pour le web, c’est accepter ce comportement et organiser son texte pour qu’il serve ce lecteur pressé.

Un sujet par page

Chaque page doit répondre à une question ou traiter un sujet. Une page « Nos services » qui mélange dépannage, installation, entretien et conseils déçoit tout le monde. Une page par service, avec son titre et son contenu propres, aide le lecteur et les moteurs de recherche à comprendre de quoi il s’agit.

Avant d’écrire, formulez en une phrase ce que la page doit apporter. Par exemple : « Expliquer à un particulier comment se déroule l’installation d’une pompe à chaleur et combien de temps elle prend. » Tout ce qui ne sert pas cette phrase peut aller ailleurs.

Ce principe facilite aussi le référencement naturel : une page centrée sur un sujet a plus de chances d’apparaître sur les recherches correspondantes.

La pyramide inversée : l’essentiel d’abord

La pyramide inversée vient du journalisme. On commence par l’information principale, puis on développe les détails, du plus important au moins important. Un lecteur qui s’arrête au premier paragraphe doit déjà savoir l’essentiel.

Ordre classiquePyramide inversée
Contexte, historique, puis réponseRéponse, puis précisions, puis contexte
Le lecteur doit tout lireLe lecteur peut s’arrêter à tout moment
La conclusion porte le messageLe premier paragraphe porte le message

Pour une page de tarifs, cela signifie donner les prix ou la fourchette dès le début, puis expliquer ce qui les fait varier. Pour une page d’accueil, dire immédiatement ce que vous faites, pour qui et où.

Des phrases courtes et des mots simples

Une phrase courte se lit plus vite et se comprend mieux, surtout sur un écran de téléphone. Quelques réflexes :

  • une idée par phrase ;
  • le sujet, le verbe, le complément, dans cet ordre de préférence ;
  • la voix active plutôt que passive : « nous livrons sous 48 heures » plutôt que « la livraison est effectuée sous 48 heures » ;
  • les mots du lecteur plutôt que le jargon du métier ;
  • des chiffres concrets plutôt que des adjectifs vagues.

Relisez à voix haute. Si vous devez reprendre votre souffle au milieu d’une phrase, coupez-la.

Les paragraphes aussi doivent rester courts : trois à cinq lignes à l’écran. Un bloc de texte compact décourage la lecture avant même qu’elle commence.

Des intertitres qui informent

Les intertitres servent de sommaire au lecteur qui survole la page. Ils doivent avoir du sens isolément. « Délais d’intervention » renseigne ; « Notre engagement » ne dit rien.

Respectez la hiérarchie des niveaux de titre : un seul titre principal par page, puis des intertitres de niveau 2, et de niveau 3 pour les sous-parties. Cette structure n’est pas qu’une affaire de mise en forme. Les lecteurs d’écran utilisés par les personnes aveugles permettent de naviguer de titre en titre, et les moteurs de recherche s’en servent pour comprendre l’organisation du contenu.

Des listes pour ce qui s’énumère

Dès que vous énumérez trois éléments ou plus, une liste à puces les rend plus lisibles. Pour des étapes à suivre dans l’ordre, utilisez une liste numérotée :

  1. prendre rendez-vous en ligne ou par téléphone ;
  2. recevoir la confirmation par courriel ;
  3. se présenter avec les documents demandés.

Gardez une construction parallèle : tous les éléments commencent par un verbe, ou tous par un nom. Évitez les listes de vingt éléments, qui redeviennent illisibles.

Des liens explicites

Le texte d’un lien doit dire où il mène. « Cliquez ici » ou « en savoir plus », répétés dans la page, ne renseignent ni le lecteur, ni les personnes qui naviguent de lien en lien avec un lecteur d’écran, ni les moteurs de recherche.

Préférez « consulter nos horaires d’ouverture » ou « télécharger le bon de commande (PDF) ». Signalez le format et le poids d’un fichier à télécharger. Ne multipliez pas les liens dans un même paragraphe : chacun est une invitation à quitter la lecture.

Écrire en pensant à l’accessibilité

Un texte bien écrit pour le web est déjà en grande partie accessible. Quelques points complètent :

  • un texte alternatif pour chaque image porteuse d’information ;
  • pas d’information transmise par la seule couleur (« les champs en rouge sont obligatoires ») ;
  • des abréviations développées à leur première apparition ;
  • un contraste suffisant entre le texte et le fond ;
  • pas de texte intégré dans une image, illisible pour les lecteurs d’écran et impossible à agrandir proprement.

Pour les organismes soumis à l’obligation d’accessibilité, le référentiel général d’amélioration de l’accessibilité (RGAA) détaille ces exigences. Même sans obligation, elles améliorent la lecture pour tous.

Relire avec les yeux du lecteur

Avant de publier, posez-vous trois questions. Le lecteur trouve-t-il sa réponse dans les premières lignes ? Peut-il comprendre la page en ne lisant que les titres ? Sait-il quoi faire ensuite : appeler, réserver, venir en boutique ?

Gardez enfin un ton éditorial homogène d’une page à l’autre. Les mêmes principes valent pour une newsletter : notre guide pour réussir sa newsletter les applique au courriel.

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